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Le Trois-mâts goélette PROVIDENCE

PROVIDENCE
Trois-mâts goélette
(1912-1917)

WSW du Plateau du Four
Coulé à l’explosif, le 24 avril 1917

Providence
Le terre-neuvier Providence

Caractéristiques

LA PROVIDENCE, trois-mâts goélette ancien terre-neuvier, armé au cabotage à Cancale. Il est construit par le chantier E. Gautier de Saint Malo en 1912 pour l’armement Célestin Robin de Cancale. A l’entrée en guerre il est réarmé au cabotage pour l’approvisionnement en charbon des ports français.

Il mesure 35 x 6 mètres pour un tonnage brut de 272 tx.

Le naufrage

Il est coulé le UC 36 (Gustav Buch) à 6 milles SE de Hoédic.

Rapport d’enquête

Le 24 Avril 1917 à 19h40, le trois-mâts goélette PROVIDENCE, du quartier de Cancale, effectuant une traversée Swansea à La Rochelle avec 340 tonnes de charbon, a été coulé par un sous-marin allemand à 6 milles du phare du Four au large du Croisic. Le temps était beau temps, la mer belle, avec très bonne visibilité.

Le sous-marin faisait route à l’Est à 14 nœuds, par le travers tribord. Il a tiré 3 coups de canon en moins de trente secondes, qui n’ont pas atteint le voilier. Le PROVIDENCE est venu au lof pour lui présenter son arrière. L’équipage a mis les doris à la mer et s’est sauvé en silence et en ordre, en toute hâte, le capitaine en dernier avec les papiers du bord.

Le sous-marin était à 500 m environ. Il est venu accoster, avec son avant, le voilier et des marins allemands sont montés à bord. Ils ont pris des vivres (biscuits, sardines, pommes de terre, café, riz, macaronis) puis ont fait sauter le navire avec des bombes.

Il a coulé à 20 h 25. L’équipage s’est sauvé sans être poursuivi par les Allemands. Le capitaine et 3 hommes ont atterri sur Houat, puis ont continué sur Le Palais, à Belle Ile, où ils sont arrivés le 25 à 03 h 30.
Les 5 autres avec le second sont arrivés à Houat à 06 h 00.
Tous sont sains et saufs. L’équipage n’a sauvé aucun effet et le capitaine a laissé à bord 20 livres sterling appartenant à l’armement.

Le sous-marin mesurait 80 à 90 m et ne portait ni nom, ni numéro. Son kiosque avec une petite passerelle ressemblait à une petite voile d’embarcation. Un canon d’environ 80 mm tronait sur l’avant du kiosque. Deux gardes en fer rond de la grosseur du poignet allant de l’avant à l’arrière et passant par-dessus le kiosque. Six hommes sont montés sur PROVIDENCE. Le sous-marin a plongé tout de suite après avoir coulé le voilier.

Silhouette du sous-marin
Silhouette du sous-marin dessinée par le capitaine (S.H.D. Vincennes)

La commission d’enquête conclura que le capitaine ne peut être tenu responsable de la perte de son bâtiment :

« il a suivi sa route qui lui prescrivait de ne pas s’écarter des côtes, il ne pouvait pas échapper à une attaque et ne pouvait esperer aucun secours. Ses effort se sont bornés à préserver la vie de son équipage... »

Nous n’avons pas retrouvé cette épave.

D’après le rapport elle a été coulé à 47° 16 et 002° 47 (méridien de Greenwich) à environ 6 milles dans l’WSW du phare du Four.

Cette position correspond la l’épave répertoriée N° 14572019 du SHOM (47°16,0660 – 002° 50,2965) nommé par le SHOM « FRANCOIS-JEAN » (3). Il reste donc à aller vérifier…

Notes

1. Robin Adolphe Francois, Né le 11/11/1886 à Cancale, capitaine au long cours, conseiller général 1945.

2. UC 36 (Gustav Buch) : sous-marin type UC II, construit par Blohm & Voss, Hambourg (Werk 277), lancé le 5 juin 1916 et mis en service le 10 octobre1916 Commandants du 3 novembre 1916 au 21 mai 1917, le Kptlt. Gustav Buch. 5 patrouilles dans la Flandern Flotilla, 24 navires coulés pour un total de 37.367 tonnes. Coulé le 21 mai 1917, au large d’Ouessant (48° 42N 05° 14W) par le vapeur français Molière. Tout l’équipage a trouvé la mort. Référence : Uboat.net

3. Le FRANCOIS-JEAN, dundee à moteur de 61.15 tx. Il a coulé entre le 23 mars et le 27 avril 1944 dans le Sud-Est de la pointe de Kerdonis (Belle-Ile ), sans doute victime d’une mine dérivante. Naviguant de conserve avec « L’AUDIERNAIS », il avait quitté Noirmoutier avec un chargement de sel à destination d’Audierne et Douarnenez. Ce drame fera cinq victimes

Sources

A.D. 44 (série 120 Jf° 2201, INV357) ; S.H.M. Vincennes (SSG N° 3828, D 4605, C 37) ; S.H.O.M. France 2006 ; « Pointe de Cornouaille 1940-1944 » de J.J. Doaré, A. Le Berre ; Le Progrès du Finistère (08/04/1944)

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